Le Forum des Démocrates

Forum de la section Modem de Levallois-Perret
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  Connexion  

Partagez | 
 

 Guy Môquet : récupérations politiques

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Olivier

avatar

Nombre de messages : 442
Date d'inscription : 27/09/2007

MessageSujet: Guy Môquet : récupérations politiques   Lun 22 Oct - 14:52

Le PCF a utilisé la légende du jeune communiste pour mieux faire oublier son attitude en 1940, aux antipodes de la Résistance.

Faire de Guy Môquet et de ses vingt-six camarades des "résistants de la première heure" relève de la téléologie, puisque la plupart d'entre eux ont été arrêtés en un temps où le PCF, pris dans la logique du pacte germano-soviétique, était tout sauf résistant.

Après avoir mis au rayon des accessoires son antifascisme, condamné une guerre devenue "impérialiste" et appelé plus ou moins ouvertement au sabotage de l'effort de guerre au printemps 1940, le Parti a profité de l'effondrement militaire de la France et de la chute de la République bourgeoise pour prendre à l'été 1940 une série d'initiatives qu'aucun martyre ultérieur ne saurait effacer : tractations avec les autorités d'occupation pour la reparution de la presse communiste dont les arguments désormais connus donnent une idée du "patriotisme" du Parti.


Jean-Marc Berlière est professeur d’histoire contemporaine à l’université de Bourgogne, chercheur au Cesdip (CNRS/ministère de la justice).
Sylvain Boulouque est doctorant en histoire à l’université de Reims.
Jean-Marc Berlière et Sylvain Boulouque

Source: Le Monde

http://jcdurbant.blog.lemonde.fr/2007/06/26/histoire-pourquoi-guy-moquet-na-pas-pu-etre-le-resistant-quon-celebre/
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Olivier

avatar

Nombre de messages : 442
Date d'inscription : 27/09/2007

MessageSujet: Une autre lettre....   Lun 22 Oct - 15:30

Une autre lettre...

Un bref rappel.

En juillet 1942, au terme de semaines de dures négociations, le secrétaire général de la police de Vichy, René Bousquet, accepta un objectif chiffré. Il accepta de livrer à l'occupant allemand 10 000 Juifs étrangers de zone libre, et 20 000 Juifs de zone occupée (les Allemands en avaient initialement demandé 40 000).

Un mois après la rafle du Vel d'Hiv, conséquence directe de cet accord, et une semaine après que dans les camps de Noé et de Récébédou, des enfants aient été séparés de leurs parents par des policiers et des gendarmes français appliquant aussi cet accord, l'archevêque de Toulouse, Mgr Saliège, fit lire une lettre dans toutes les paroisses de son diocèse (malgré l'interdiction du préfet de l'époque).

Tous les fidèles de Toulouse et des environs entendirent donc les mots suivants: " Que des enfants, des femmes, des hommes, des pères et mères soient traités comme un vil troupeau, que les membres d'une même famille soient séparés les uns des autres et embarqués pour une destination inconnue, il était réservé à notre temps de voir ce triste spectacle (...) Les Juifs sont des hommes. Les Juives sont des femmes. Les étrangers sont des hommes, les étrangères sont des femmes. Tout n'est pas permis contre eux, contre ces hommes, contre ces femmes, contre ces pères et mères de famille. Ils font partie du genre humain; ils sont nos frères comme tant d'autres. Un chrétien ne peut l'oublier". Etc.

"Les étrangers sont des hommes, les étrangères sont des femmes": ça n'a l'air de rien, mais dans le contexte de 1942, pour des yeux habitués à lire chaque matin la presse de l'époque, pour des oreilles anesthésiées par la propagande de Radio-Paris, c'était de la bombe (et encore, Mgr Saliège n'avait-il pas parlé de rafles, ni d'extermination). On dut se pincer, ce dimanche-là, dans les églises de Haute Garonne. Un peu comme si un soir, aujourd'hui, Laurent Delahousse prononçait le mot rafles.

L'époque était sans Internet. Mais rien n'arrêta les mots de la lettre de Mgr Saliège (son texte intégral est ici, avec la réaction du préfet régional de l'époque). Les publications clandestines de la Résistance (les blogs de l'époque) la ronéotypèrent à l'infini. La BBC la diffusa.

La lecture de la lettre de Mgr Saliège n'arrêta pas les rafles, ni les déportations. Mais il y eut tout de même, dans les consciences, un avant et un après.

Rien n'arrête des mots justes, posés pour la première fois sur une réalité.

La lettre de Guy Môquet est un très beau texte. La lettre de Mgr Saliège en est un autre.

Tant qu'à lire des lettres dans les classes de lycée, on pourrait y lire les deux.

Source :
http://arretsurimages.net/post/2007/09/30/Faut-il-parler-de-rafles


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Olivier

avatar

Nombre de messages : 442
Date d'inscription : 27/09/2007

MessageSujet: Re: Guy Môquet : récupérations politiques   Lun 22 Oct - 23:55

L'histoire de l'affiche rouge



________________________________________________________________

La campagne de l'affiche fait suite à l'arrestation des 23 membres du groupe

Manouchian, affilié aux FTP - MOI (Francs-tireurs et partisans - Main d'œuvre immigrée). Les 22 hommes seront fusillés le 21 février 1944 au Mont Valérien, tandis qu'Olga Bancic sera décapitée à la hache le 10 mai de la même année à Stuttgart, une loi française interdisant alors de fusiller les femmes. L'affiche sert à la propagande nazie qui stigmatisera l'origine étrangère de la plupart des membres de ce groupe, principalement des Arméniens et des Juifs d'Europe de l'Est.

Le réseau Manouchian était constitué de 23 résistants communistes, dont 20 sont étrangers, des espagnols rescapés de Franco, enfermés dans les camps français des Pyrénées, des Italiens résistant au fascisme, Arméniens, Juifs surtout échappés à la rafle du Vel'd'Hiv' de 1942 et dirigé par un Arménien, Missak Manouchian. Il faisait partie des mouvements de Résistance communiste et était le responsable des FTP MOI de la région parisienne. Ils sont enterrés dans le cimetière d'Ivry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne, où une stèle a été érigée en leur mémoire.

________________________________________________________________



________________________________________________________________

L'AFFICHE ROUGE

Vous n 'avez réclamé la gloire ni les larmes
Ni l'orgue ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous étiez servis simplement de vos armes
La mort n 'éblouit pas les yeux des Partisans.

Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L'affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu'à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants.

Nul ne semblait vous voir Français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l'heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos
MORTS POUR LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient différents.

Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient leur cœur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant.

ARAGON
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Guy Môquet : récupérations politiques   

Revenir en haut Aller en bas
 
Guy Môquet : récupérations politiques
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Le Forum des Démocrates :: Politique Nationale :: Le Président...-
Sauter vers: