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 L'Ogre Sarkozy par Nicolas Domenach

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Olivier

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Date d'inscription : 27/09/2007

MessageSujet: L'Ogre Sarkozy par Nicolas Domenach   Dim 11 Nov - 23:36

L'Ogre Sarkozy

Par Nicolas Domenach, directeur-adjoint de la rédaction de Marianne.

Quel estomac ! Nicolas Sarkozy dévore tout. Les kilomètres, les difficultés et même les ministres en même temps que les incendies : c'est un avaleur de feu. Avec un appétit jamais rassasié, une voracité qui semble se nourrir des obstacles. Jamais repu, jamais fatigué. Hier au Tchad, aujourd'hui à Washington, en se permettant un crochet par la Bretagne. Le Guilvinec, les marins pêcheurs en colère qui travaillent plus et gagnent moins, et qui ont mis le feu aux images, sans que les ministres aient éteint l'incendie. Au contraire. Il y a des pyromanes au gouvernement. Et d'abord Christine Lagarde qui a tenu à honorer son surnom de Christine « Lagaffe », en invitant les Français à rouler en vélo plutôt qu'en auto. A l'Elysée, on s'est arraché les cheveux de rage contre cette « grande bourgeoise bobo » qu'il fallait mettre au pas et donc à pied le plus tôt possible, car on ne pouvait se montrer plus méprisante avec les Français, obligés de prendre leur automobile, et confrontés à la hausse vertigineuse du prix du pétrole. Le même mépris que l'on prêtait à Marie-Antoinette autrefois : « S'ils n'ont pas de pain, qu'ils mangent de la brioche… » aurait-elle dit. Les Français font les révolutions pour ça !

Après les marins pêcheurs, les paysans et les transporteurs routiers menaçaient de s'enflammer, il fallait courir au feu. Et puisque le Premier ministre prépare son éternel retour, c'est le Président en personne qui s'y colle. Droit sur le feu, c'est là qu'il s'éteint le mieux. Et tant pis s'il carbonise en même temps les ministres en charge des dossiers.

Aujourd'hui, c'est le trop lent Michel Barnier, en charge censément de la Pêche et de l'Agriculture, et Christine Lagarde, qui sont littéralement brûlés. Mais d'autres ont déjà été « cramés », qui ne sont plus qu'ombres de cendres pour ne pas avoir agi assez, c'est-à-dire pour ne pas avoir communiqué suffisamment rapidement et amplement. Ainsi Valérie Pécresse, responsable en titre des Universités, ainsi Michèle Alliot-Marie qui occupe, en théorie, l'Intérieur, ainsi Bernard Kouchner censément à l'Extérieur… Feus les ministres et feu le Premier ministre qui doit attendre demain le voyage de Nicolas Sarkozy pour tenter de se faire entendre sur Europe 1. Quand le chef n'est pas là…

De toute façon, les Français le savent. Il n'y a plus de chef de gouvernement parce qu'il n'y a plus de gouvernement. Il n'y a qu'un Président qui a tout dévoré, et ça plaît aux Français cette « voractivité ». Ça change des rois fainéants, de Chirac qui digérait mollement sa tête de veau et son inactivité, au moins médiatique. C'est ce qu'on lui demande à Sarkozy, de se ruer sur tout ce qui bouge, en monarque trivial et survitaminé. Certes, il n'a plus la hauteur ni la distance de la majesté. L'opposition s'en moque, se gausse de ce « zozo Zorro », de ce « golem » qui touche à tout et qui saccage tout. Mais cette omniprésence frénétique plaît aux Français. Certes, ils voudraient des résultats. Certes encore, certains gestes pour les plus riches ont été mal ressentis, mais Sarkozy n'en conserve pas moins un fort matelas de sympathie, en raison justement de son insatiable énergie et de son volontarisme apparemment infatigable. Tant pis pour les corps intermédiaires qu'il ignore, qu'il écrase.

Sarkozy entretient un lien direct, très néo-bonapartiste, avec les Français. Et pas de pitié pour ceux qui ne s'imposent pas médiatiquement entre lui et eux, ceux qui ne sont pas capables de garder leur place sur le plateau télé du gouvernement seront balayés. De toute façon, ils ne serviront que de faire-valoir ou de personnage secondaire. Nicolas Sarkozy prend tout l'écran. On lui pardonnerait même des résultats insatisfaisants. Car il fait le spectacle. Ce fameux Sarko-show qui est haletant et qui le restera car nous devons toujours demeurer en haleine. Il a le métier, le talent pour cela, contrairement, reconnaissons-le, à ce qu'imaginaient la majorité des observateurs. Ceux-là croyaient déjà qu'il en faisait trop au ministère de l'Intérieur, puis comme candidat, et qu'il se calmerait, qu'il se lasserait une fois à l'Elysée. Mais Sarkozy chef de l'Etat répète que les Français veulent, exigent, qu'il en fasse toujours plus. Ils s'y sont d'ailleurs habitués et, pour eux, trop ce n'est pas assez. Ce sont ses ministres qui ne suivent pas. C'est sa majorité qui a du mal aussi. Mais tant que l'opposition a le souffle coupé, il respire. Le « Sarkogre » se sent un appétit de jeune homme. Il « boufferait » tout…


Mardi 06 Novembre 2007 - 12:53
Nicolas Domenach


Dernière édition par le Mar 20 Nov - 20:29, édité 1 fois
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Olivier

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MessageSujet: Le gouvernement, gang de potiches   Dim 11 Nov - 23:37

Le gouvernement, gang de potiches

Nombreux sont les ministres comme Michel Barnier, hier au Guilvinec, marginalisés par un Président omniprésent.

Libération QUOTIDIEN : mercredi 7 novembre 2007

Il faisait presque peine à voir. Hier, au Guilvinec, Michel Barnier, ministre de l’Agriculture et de la Pêche, avait du mal à cacher son irritation de devoir jouer la potiche derrière Nicolas Sarkozy, qui avait décidé la veille de se rendre en Bretagne pour rencontrer des marins pêcheurs (lire ci-contre).


Hier Michel Barnier, avant-hier Bernard Kouchner sur le Tchad, auparavant François Fillon… la vie de ministres sous Sarkozy suppose d’avoir une qualité sur son CV : savoir s’effacer derrière le grand chef.

François Fillonou comment être ravi d’avoir deux jours pour exister. Nicolas Sarkozy à peine envolé pour Washington, le Premier ministre, dont la discrétion fait jaser jusqu’à sa majorité, en a profité pour occuper le devant de la scène. Lui qui depuis le 24 septembre était avare de ses interventions, a accepté de répondre ce matin à l’invitation de Jean-Pierre Elkabbach, sur Europe 1, pour vanter le bilan des six premiers mois de son gouvernement.

Hier, rompant avec son attitude distante des dernières semaines, Fillon lors des questions au gouvernement s’est levé par deux fois pour répondre aux présidents des groupes UMP et PS : en capitaine d’abord, en chef de guerre ensuite. Une bouffée d’oxygène bienvenue, mais qui ne suffit pas à couvrir les perfidies les députés de la majorité.

Fâché depuis le report sine die de leur proposition de loi sur le financement des partis, les élus du Nouveau Centre ont hier dénoncé le «manque de cohérence et de lisibilité de la politique gouvernementale» et réclamé à François Fillon de venir devant leur groupe faire le point mardi prochain. L’ancien ministre de la Recherche, François Goulard, n’est pas plus tendre : «Fillon a l’impopularité d’un Premier ministre alors qu’il n’en exerce pas la fonction», dit le député maire de Vannes. «Ce n’est pas sain que le Premier ministre soit aussi absent. Son effacement explique en partie le malaise de la majorité : le Parlement manque d’un interlocuteur.» Sous couvert de prendre acte de la redéfinition des rôles au sein de l’exécutif, le député de Paris Claude Goasguen tacle à son tour : «Aujourd’hui, le Président est en première ligne et le soutier, c’est le Premier ministre». Mais c’est au secrétaire général de l’UMP, Patrick Devedjian que revient la palme de la vacherie : «Le Premier ministre doit être l’animateur du Parlement, l’interface entre l’exécutif et le Parlement.»

Hier devant le groupe UMP de l’Assemblée nationale, l’«interface» Fillon a durci le ton. Rappelant aux élus de la majorité que le mois de novembre n’est jamais «facile» socialement, il a invité chacun à faire preuve de «très grande solidarité avec le gouvernement». «Il va falloir attacher vos ceintures», les a-t-il exhortés. Et la boucler ?

Bernard Kouchner, après les infirmières bulgares, s’est retrouvé à la fois mis en cause par ses anciens camarades socialistes et marginalisé par l’Elysée dans l’affaire des pieds nickelés humanitaires de l’Arche de Zoé. En déplacement en Asie au plus fort de la polémique, l’ex-French doctor s’est montré des plus réticents à s’exprimer sur ce qu’il a fini par qualifier d’«humanitaire dévoyé». Il y a quelques jours, Fillon a demandé une enquête des ministères des Affaires étrangères et de la Défense pour comprendre comment l’Arche de Zoé avait pu tromper leur vigilance dans un pays, le Tchad, très proche de la France. Face à l’ampleur prise par l’affaire, c’est une fois de plus Sarkozy qui est monté au front en se rendant, dimanche, à N’Djamena, pour ramener les trois journalistes français et les hôtesses espagnoles.

Hervé Morin, le ministre de la Défense, vit lui un rêve en sachant que le réveil finira par sonner. Récompensé pour avoir lâché Bayrou, l’ancien numéro 2 de l’UDF ne se fait pas d’illusion sur ses marges de manœuvres. Ni sur la durée du bail. Cet été, il parlait d’un remaniement au printemps, dont il n’excluait pas d’être la victime.

Traditionnellement, le chef de l’Etat joue un rôle déterminant en matière de défense. C’est encore le cas, avec Cécile Fontaine, jeune conseillère à l’Elysée en deus ex machina. Du coup, Hervé Morin s’investit beaucoup dans son parti, le Nouveau Centre, et dans les courses de chevaux, sa vraie passion. Comme ministre de la Défense, il bénéficie toutefois du fait que Nicolas Sarkozy ne s’intéresse guère aux affaires militaires.

Michèle Alliot-Mariea beau se démener sur le chapitre des chiens dangereux ou de la sécurité des manèges, Nicolas Sarkozy demeure le premier flic de France. C’est lui qui donne le la en matière de sécurité intérieure, véritable chasse gardée de l’Elysée et de ses hommes de confiance que sont le préfet de police, Michel Gaudin et le directeur général de la police nationale, Frédéric Péchenard. Le président de la République se comporte d’ailleurs comme s’il était toujours le locataire de la place Beauvau : le 15 novembre, il réunira à la Défense 1 800 gendarmes et policiers afin de présenter ses «grandes orientations pour la sécurité».

Christine Lagarde,sous ses airs de femme qui assure, imperturbable en toutes circonstances, a quelques failles. Elle l’a encore prouvé ce week-end, en suggérant aux Français, pour économiser le carburant, de reprendre leur vélo ! Qu’elle vienne «essayer de tirer une charrue ou un semoir à céréales avec un vélib’de la ville de Paris !», s’est gaussée la fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA).

En août déjà, c’est sous la pression de Sarkozy qu’elle avait écourté ses vacances afin de rassurer des Français qui commençaient à s’inquiéter de la crise des subprimes venue des Etats-Unis. Et elle n’avait pas caché qu’elle aurait préféré rester au vert. Le 2 septembre, elle avait à peine parlé d’un «plan de rigueur» à propos des baisses d’effectifs dans la fonction publique qu’elle était aussitôt corrigée par le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéand, plus enclin à parler de «plan de revalorisation».


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Olivier

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MessageSujet: Le souci de Sarkozy c'est de toujours vouloir faire la preuv   Dim 11 Nov - 23:39

«Le souci de Sarkozy c'est de toujours vouloir faire la preuve de son existence»

Pour Jean-Pierre Winter, psychanalyste, le sentiment d'agitation perpétuelle que donne le chef de l'Etat naît de ce qu'il est constamment dans le «vouloir être», au détriment de la pensée.

Cordélia Bonal LIBERATION.FR : mercredi 7 novembre 2007

Jean-Pierre Winter, psychanaliste, de formation philosophique, est notamment l'auteur de Les hommes politiques sur le divan (Calmann-Lévy, 1995).

Comment peut-on interpéter l'hyperactivité de Nicolas Sarkozy sur le plan psychanalytique?

C'est drôle parce que le mot hyperactivité est très à la mode chez les enfants. Donc c'est un peu comme si vous me demandiez s'il faut donner de la Ritaline à Sarkozy. Je ne suis pas psychiatre, je ne sais pas. Le terme est un peu réducteur, parce qu'il contient déjà une réponse. Ce qui m'interroge chez Sarkozy, c'est la différence entre l'acte et l'agir. Tout se passe comme s'il y avait une espèce de confusion entre les deux. Faire un acte politique, c'est une chose, agir en est une autre. Un acte, c'est par exemple ce qu'a fait De Gaulle avec l'appel du 18 juin. Un acte s'incrit durablement, tient compte de plein de paramètres pas immédiatement lisibles par tout le monde, ce n'est pas juste un mouvement d'humeur. Dans le cas de l'appel de De Gaulle, il a mesuré les forces en présence, c'est un savant calcul de stratège.

Nicolas Sarkozy, par opposition, serait plutôt dans l'agir?

Quand on lit le livre de Yasmina Reza (L'aube le soir ou la nuit, récit-portrait du candidat Sarkozy, ndlr), on voit bien qu'il y a chez Sarkozy une profonde défiance à l'égard de la pensée. Dès lors qu'il s'agit d'élaborer la position qui est la sienne, il se fie plus à son intelligence intuitive qu'à une élaboration de ce qu'il est en train de dire, s'en remettant pour cela à des gens comme Guaino (Conseiller spécial du chef de l'État) ou Kouchner (ministre des Affaires étrangères). Quand on le voit s'agiter, du verbe agir cette fois, comme il le fait depuis six mois, on se demande à quel moment il pense à ce qu'il fait, à quel moment il élabore.

Il y a une fuite dans l'acte.

Alors c''est vrai qu'il s'entoure, par le biais des commissions, de gens qui se donnent le temps de penser. Mais en même temps il ne leur donne pas le temps de penser puisque les délais sont très court, totalement inhabituels sous la Ve République. C'est ce qui donne ce sentiment d'agitation, c'est qu'on a l'impression qu'il «squeeze» le temps.

Tout cela est-il calculé, ou relève-t-il parfois de mouvements d'humeur?

Sur le plan politicien, je ne doute pas que ce soit calculé. Il s'est engagé à faire des réformes, il sait que le temps lui est compté, sa crédibilité est en jeu. Sur le plan politique, au sens noble du mot, je ne pense pas que ce soit calculé suffisamment. Sur les effets par exemple de ses réformes menées tous azimuts, dont chacune efface la précédente.

Nicolas Sarkozy a l'habitude de tutoyer, et dit «je» à tout bout de champ. Comment faut-il l'interpréter?

Il n'y a pas besoin d'être psychanalyste pour constater qu'il personnalise complètement l'action gouvernementale, qu'il se substitue à tout le monde, qu'il fait preuve d'une certaine ubiquité. On peut prendre les choses soit du côté d'une espèce d'hyper-narcissisme, mais ça serait un peu de la psychologie sans grand interêt, soit il pense qu'il y a besoin d'un chef. Et ce qu'il faut alors interroger c'est l'idée qu'il se fait d'un chef. Or, dans une démocratie, un chef c'est d'abord quelqu'un qui a une grande capacité à déléguer. Et là il y a effectivement un problème. S'il était dans un système tyrannique, finalement il serait très à l'aise... Mais il est bridé par le système dans lequel on est.

Sur le plan psychanalytique, on peut se référer à Paul Valéry, qui n'était pourtant pas psychanalyste mais qui disait: «De temps en temps je pense, de temps en temps je suis». Quand on pense, on n'est pas dans l'être et quand on est dans l'être, on n'est pas en train de penser. Chez Sarkozy, le sentiment qu'il donne est de vouloir être toujours dans l'être. De vouloir toujours faire la preuve de son existence. Tout le temps.

A-t-il toujours été comme ça, «dans l'être», ou est-ce depuis son accession au ministère de l'Intérieur puis à l'Élysée?

Je pense qu'il a toujours été comme ça, et c'est pourquoi il est si fascinant pour beaucoup de gens, et notamment pour les intellectuels, qui eux ne sont au contraire que dans la pensée. Donc quand Sarkozy, avec sa politique d'ouverture, leur offre l'occasion d'être dans l'action, ils se précipitent, comme toujours dans l'histoire depuis Platon, et plus récemment Heidegger. Les deux seuls qui ont résisté à ça, d'une manière assez courageuse il faut dire, ce sont BHL et Finkielkraut. Sans exprimer d'antipathie profonde, ils ont su rester à la place qui est la leur.
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