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 France : demain, on rase gratis… (Marc Touati)

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Olivier

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Date d'inscription : 27/09/2007

MessageSujet: France : demain, on rase gratis… (Marc Touati)   Mer 21 Nov - 15:05

France : demain, on rase gratis…
ACDEFI - 21 novembre 2007

On ne sait pas encore précisément les mesures qui seront annoncées par Nicolas Sarkozy pour améliorer le pouvoir d’achat des Français, mais une chose paraît déjà sûr : après avoir cédé aux marins-pêcheur, avoir laissé s’éterniser une grève coûteuse dans les transports pour finalement revenir en partie sur la réforme annoncée, ce qui reviendra in fine à réaliser des économies de bouts de chandelle sur le financement des retraites des régimes spéciaux, les dirigeants du pays vont encore lâcher du lest.

Bien entendu, il faut reconnaître que la situation d’une majorité de Français ne cesse de se dégrader. Selon le dernier rapport de l’INSEE sur le portait social de la France, le niveau de vie moyen s’établit ainsi à 1 550 euros par mois en 2005 et pour la moitié de la population, il est inférieur à 1 360 euros. Dans le même temps, on dénombre aujourd’hui 7,1 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté estimé à 817 euros par mois, dont 3,7 millions avec moins de 681 euros. Pis, on observe que depuis 2002, la part de pauvres dans le pays ne baisse plus (12,1 %) et a même augmenté de 0,4 point entre 2004 et 2005 !

Autrement dit, il y a donc non seulement un problème de pouvoir d’achat insuffisant dans le pays, mais aussi d’appauvrissement de la population et d’augmentation des inégalités.

Pour être encore plus clair, il paraît donc évident que le « modèle social » de la France ne fonctionne plus. Jusqu’à présent en effet le compromis hexagonal était basé sur une forte pression fiscale (45 % du PIB) et un poids considérable des dépenses publiques (54 % du PIB) qui permettaient (du moins en théorie) d’assurer une croissance soutenue, un emplois dynamique, l’augmentation du niveau de vie, la réduction des inégalités, le financement du « meilleur système de santé du monde », sans oublier la retraite par répartition.

Aujourd’hui, force est donc de constater que la pression fiscale reste imposante, voire prohibitive, que les dépenses publiques ne cessent d’augmenter mais qu’en échange, la croissance est plus molle, les créations d’emplois plus faibles, mais surtout que le pouvoir d’achat ne progresse plus, que les inégalités augmentent, qu’il existe une santé à plusieurs vitesses et que le financement de la retraite par répartition n’est plus assuré à partir de 2010 et ce pendant au moins dix ans.

Face à cette triste situation actuelle et à venir, le gouvernement a donc vraisemblablement décidé de ne pas jouer la rupture, mais au contraire d’appliquer les mêmes recettes contre-productives du passé. Ainsi, sans trop savoir comment elles seront financées, des mesures d’augmentation discrétionnaire du pouvoir d’achat sont en train d’être décidées.

Evidemment, à court terme, ces mesures seront de nature à réconforter quelque peu les ménages français. Néanmoins, comme cela s’observe depuis près de trente ans, une fois l’effet d’aubaine passé, la réalité restera inchangée, en l’occurrence une croissance molle et un emploi moribond. Or, le seul bon pouvoir d’achat émane de la vigueur de l’emploi.

En outre, il faut souligner que, même sur le court terme, les avantages ne seront pas considérables. Nicolas Sarkozy le sait pourtant bien puisque lorsqu’il était à Bercy en 2004, il a mis en place des mesures similaires à celles d’aujourd’hui (notamment sur le déblocage de l’épargne salariale) qui ont certes soutenu la consommation pendant quelques mois mais n’ont absolument pas relancé la croissance. Doit-on en effet rappeler que du deuxième trimestre 2004 au printemps 2005, la croissance annuelle du PIB français est passée de 2,7 % à 1,5 % ?!

Le problème est malheureusement bien connu : lorsque l’on donne 100 euros aux Français, 30 euros sont épargnés et sur les 70 euros restants, seuls environ 40 euros sont consacrés à l’achat de produits faits en France. Autrement dit, on donne 100 et on récupère 40 !

En outre, au-delà du faible impact économique à attendre des futures mesures, il faut également savoir que la France prend une nouvelle fois à contre-pieds l’ensemble de ses partenaires eurolandais, Allemagne en tête, qui continuent de faire des réformes massives de leur économie et réduisent leurs déficits publics.

Que leur dira alors la France lorsqu’elle prendra la Présidence de l’Union Européenne en juillet 2008 avec une croissance économique de 1,6 % et un déficit public de plus de 3 % du PIB ?

Dès lors, en rasant gratis aujourd’hui et en jouant par là même la stratégie du passager clandestin européen, on risque de le payer très cher demain. Au moins, nous aurons été prévenus…

Marc Touati
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France : demain, on rase gratis… (Marc Touati)
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