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 Sarkozy et les infirmières bulgares

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Olivier

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Date d'inscription : 27/09/2007

MessageSujet: Sarkozy et les infirmières bulgares   Jeu 27 Sep - 20:32

Par Jean Quatremer

Nicolas Sarkozy s’est-il rendu coupable d’un hold-up en cherchant à s’attribuer le mérite de la libération des infirmières bulgares et du médecin palestinien détenus depuis plus de huit ans par le colonel Kadhafi ? L’accusation, pour les opposants du Président de la République, est tentante. Pourtant, vu du siège des institutions européennes, il serait inexact de lui en faire le procès. Certes, l’Union européenne n’a pas attendu Sarkozy pour négocier la libération des infirmières bulgares. Mais, sans l’intervention du chef de l’Etat, l’affaire ne se serait peut-être pas dénouée aussi rapidement. José Manuel Durao Barroso, le président de la Commission européenne, l’a souligné tout à l’heure : « c’est vrai que nous avions fait des efforts depuis longtemps et la détermination de Mme Ferrero-Waldner (la commissaire chargée des relations extérieures) était là, mais l’engagement personnel de Nicolas Sarkozy et de son épouse ont été déterminants pour leur libération à ce moment précis ».

Pour un diplomate de haut rang, l’implication personnelle de Sarkozy a été déterminante même si elle n’explique pas à elle seule le règlement de cette affaire : « il est difficile de négocier avec un partenaire de ce type sans une identification forte du leadership européen que ni Bénita Ferrero-Waldner, ni Barroso n’incarneront jamais. C’est cela que Nicolas Sarkozy a apporté. Il a aussi eu raison de mettre Cecilia en avant : envoyer sa femme, c’était envoyer à Kadhafi un message d’engagement personnel fort et crédible. Il aurait aussi pu envoyer son fils. Le résultat le démontre. Enfin, le couple présidentiel a bien mis en scène l’aspect compassion à l’égard des enfants et des familles ». Bref, le Président de la République a su gérer dans la dernière ligne droite l’aspect « émotionnel » de la relation avec un dictateur fantasque. Exactement comme il a su le faire avec la Pologne des jumeaux Kaczinski lors du Sommet européen de juin dernier.

Cela étant dit, le mérite des institutions communautaires est évident : avant même que le sujet n’occupe régulièrement la « une » des médias, Bruxelles a fait de la libération des infirmières une priorité, bien que la Bulgarie n’ait adhéré à l’Union qu’en janvier 2007. En octobre 2004, le Conseil des ministres avait ainsi délibéré sur la question et les efforts des présidences successives de l’Union ne se sont jamais démentis. C’est la Commission qui a été chargée de négocier avec la Libye, et non Javier Solana, le Haut Représentant pour la politique étrangère de l’Union, car le règlement du conflit avait des implications budgétaires. Un choix dont chacun, à Bruxelles, se félicite, le « volontarisme » de Ferrero-Waldner, l’ancienne chef de la diplomatie autrichienne, ayant joué un rôle déterminant.

Au cours des trois dernières années, toute une série de mesures médicales et sanitaires ont donc été négociées, mesures qui comprennent, d’une part, la mise à niveau des hôpitaux libyens (pour 8 millions d’euros) et, d’autre part, l’accueil en Europe des enfants contaminés (de 1 à 2 millions d’euros). En revanche, on dément à Bruxelles tout autre versement direct de l’Union, notamment à un fonds d’indemnisation destiné aux familles. « Il est vrai qu’au fil de la négociation, des demandes libyennes étonnantes se sont accumulées comme le versement de 400 millions d’euros aux familles mais aussi l’aide à la construction d’autoroute ou la mise en place d’un système de surveillance des côtes », raconte un diplomate européen. « Mais tout cela est resté à l’état de projet ». Les règles comptables en vigueur dans l’Union étant ce qu’elles sont, le moindre versement non justifié apparaîtrait, de toute façon, immédiatement…

Le cœur de l’accord passé avec la Libye est d’ailleurs moins financier que diplomatique, économique et commercial : l’Union s’est, en effet, engagée à normaliser ses relations avec ce pays et à signer un « accord de commerce et de coopération » qui lui permettra d’avoir accès privilégié au marché européen, de recevoir des aides financières et de faire bénéficier ses ressortissants de facilités de circulation (et même des bourses pour ses étudiants !). Le "mémorandum sur les relations entre la Libye et l'UE" est ici. « La Libye refusant le processus de Barcelone parce qu’il prévoit la reconnaissance de l’Etat d’Israël, nous n’avons pas pu signer d’accord d’association avec lui », explique un diplomate. Le Colonel Kadhafi a donc obtenu un statut sur mesure. Une belle récompense pour une prise d’otages.

http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2007/07/sarkozy-et-les-.html

D'après l'excellent Blog de Jean Quatremer sur l'actualité européenne en direct de Bruxelles http://bruxelles.blogs.liberation.fr
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