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 La Belgique au bord de l’implosion

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Olivier

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MessageSujet: La Belgique au bord de l’implosion   Jeu 27 Sep - 20:33

Par Jean Quatremer

Au lendemain des élections législatives belges du 10 juin dernier, plusieurs de mes collègues français m’avaient vertement critiqué, estimant que mes papiers parus les 12 et 13 juin sur ce blog et dans le journal étaient trop alarmistes. Pour eux, Yves Leterme (photo), le premier ministre désigné, n’était nullement le flamingant que je décrivais (il faut relire l'interview que j'ai faite de lui en août 2006, tout y est) et la Belgique encore moins menacée d’implosion. Soixante-huit jours après le scrutin, il semble bien que j’avais raison et eux tort (comme le montre d'ailleurs les débats sur ce blog).

Depuis mardi, on connaît précisément les revendications flamandes en matière « communautaire », comme on dit en Belgique. Il s’agit des compétences de l’État fédéral que les démocrates chrétiens flamands du CD & V d’Yves Leterme en cartel avec les indépendantistes du NV-A et les libéraux flamands du VLD veulent voir tomber dans le giron des Régions (Flandre, Wallonie et Bruxelles). Cette liste soumise, selon le quotidien francophone Le Soir, en trois temps, est proprement hallucinante : elle est bien plus longue qu’on ne l’attendait et surtout touche des compétences régaliennes, tels la justice, le Code pénal, l’acquisition de la nationalité ou encore le statut des étrangers. Les Flamands réclament même le droit de rédiger leur propre Constitution. « C'est effrayant. C'est un véritable basculement hors du système fédéral ! À ce rythme, la Belgique sera bientôt une coquille vide » s’exclame un négociateur francophone cité par la Libre Belgique.

Encore une fois pris par surprise, les francophones (libéraux du MR et ex-chrétiens-démocrates du CDH soutenus, pour le coup, par le PS qui est dans l’opposition) ont opposé leur habituel front du refus. Mais, ils ont ensuite lancé une contre-offensive, mettant enfin sur la table les préoccupations francophones : en substance, ils exigent un recensement linguistique dans la circonscription de Bruxelles-Hal-Vilvorde pour, en réalité, rectifier la frontière linguistique autour de Bruxelles et ainsi réaliser la jonction entre la capitale européenne et la Wallonie grâce à « l’annexion » de Rhode-Saint-Genèse. Ils remettent aussi en cause les pouvoirs exorbitants des Flamands à Bruxelles (surreprésentation dans les organes de la ville, droit de véto) vu leur nombre réduit (moins de 10% de la population). Les partis flamands ont immédiatement réagi en estimant que ces revendications étaient ridicules. Ce qui est logique, la Flandre étant d’ores et déjà pour eux un État aux frontières définies depuis 1962. Il ne s’agit que de lui attribuer l’ensemble de ses compétences naturelles et non de discuter d’une rectification de frontière…

Autant dire que l’affrontement que les francophones ont longtemps fui est là et bien là. On ne voit plus comment Yves Leterme pourrait parvenir à former un gouvernement fédéral sur une telle base. Car l’acceptation des revendications flamandes serait une capitulation en rase campagne dont les partis francophones auraient du mal à se relever. Ne serait-il pas temps de négocier la fin de ce fantôme d’État dont 60 % de la population ne veut plus ? Et s’il faut en avoir le cœur net, que la Belgique procède à un référendum posant la question au peuple.

http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2007/08/la-belgique-au-.html

D'après l'excellent Blog de Jean Quatremer sur l'actualité européenne en direct de Bruxelles http://bruxelles.blogs.liberation.fr
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Olivier

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MessageSujet: Petit manuel à l’usage de ceux qui découvrent la crise belge   Ven 5 Oct - 14:12

Petit manuel à l’usage de ceux qui découvrent la crise belge
Par Jean Quatremer

La Flandre a très envie de se débarrasser du « boulet » francophone, vous l’avez compris. Aujourd’hui, dans le quotidien Le Soir, une carte (ci-dessous et que vous pouvez télécharger ici) permet de comprendre, mieux qu’un long discours, la crise profonde que traverse ce pays (116 jours sans majorité de gouvernement et ça risque de durer). Il s’agit d’une carte du chômage en Belgique. Elle est effrayante, car elle montre le fossé qui sépare les deux régions du pays, un fossé qui n’est pas seulement linguistique, mais aussi et surtout économique.

Il n’y pas un arrondissement francophone dont le taux de chômage soit inférieur à 10 % (sauf à Arlon, 9,9 %, car la ville bénéficie de la proximité du Luxembourg). Le reste de la francophonie est un désastre : Bruxelles (20,9 %), Charleroi (21,9 %), Mons (20,7 %), Liège (19,1 %), etc., etc. La moyenne en Wallonie s’établit à 17,7 % ! Certes, pour le troisième mois consécutif, le chômage diminue au sud du pays, comme le titre avec optimisme Le Soir, mais on est loin, très loin du compte d’autant que le chômage baisse deux fois plus rapidement Flandre (-20 % en un an).

Au nord du pays, justement, c’est le plein emploi. Le chômage va de 2,36 % à Tielt à 7,71 % à Anvers. La moyenne flamande est de 6,43 %. La région est quasiment en pénurie de main-d'œuvre… Évidemment, les transferts financiers fonctionnent à plein régime du nord vers le sud, ce qui permet aux médias flamands de chauffer à blanc leurs troupes en titrant régulièrement, comme l’a fait il y a quelques jours le quotidien Het Laastste Nieuws, que chaque Flamand paye quotidiennement 2,5 euro et chaque Wallon reçoit tous les jours 4,5 euro… De quoi devenir indépendantiste, manifestement.

http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2007/10/petit-manuel-lu.html
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Olivier

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MessageSujet: La Belgique connaît la crise la plus longue de son histoire   Mar 6 Nov - 2:42

La Belgique connaît la crise la plus longue de son histoire
De notre correspondant à Bruxelles JEAN QUATREMER

Cela fait 148 jours depuis les élections législatives du 10 juin que la Belgique est à la recherche d’une majorité de gouvernement. Presque cinq mois ! Cette crise va donc dépasser celle de 1987, jusque-là la plus longue de l’histoire du royaume. A l’époque, il avait fallu 148 jours aux partis belges pour surmonter la violente crise provoquée par la question des Fourons, une enclave flamande en terre wallonne.

Pourquoi la crise s’éternise-t-elle ?

La Belgique est en réalité scindée en trois parties depuis 1962, date à laquelle la «frontière linguistique» a été gravée dans le marbre : au nord, la Flandre néerlandophone, la région la plus riche et la plus peuplée (6 millions d’habitants), au sud, la Wallonie francophone (3,5 millions) et pauvre, et, au milieu, enclavé en Flandre, Bruxelles (1 million d’habitants, à 90 % francophones), à la fois capitale de la Flandre et de la Belgique. Entre 1968 et 1978, tous les partis se sont scindés, Flamands d’un côté, francophones de l’autre. Résultat : chaque communauté vote pour ses partis sans possibilité de voter pour ceux situés de l’autre côté de la frontière linguistique (hormis la circonscription de Bruxelles-Halle-Vilvorde, créée pour permettre aux quelque 120 000 francophones de la périphérie bruxelloise de voter pour des partis francophones).

Les Flamands, une fois leur «territoire» reconnu, n’ont eu de cesse de déshabiller l’Etat central au profit des régions. En 1993, la Belgique est ainsi devenue un Etat fédéral. Et, à chaque élection législative, les partis flamands – qui n’ont de comptes à rendre qu’à leurs électeurs flamands – réclament et obtiennent davantage de compétences. Mais, cette fois-ci, les partis francophones ont refusé tout net les demandes flamandes (régionalisation de la Sécurité sociale, de la politique de l’emploi, d’une partie de la justice, du code de la route…), estimant qu’on était «à l’os» et que la Belgique risquait de devenir une coquille vide.

Depuis cinq mois, le Flamand Yves Leterme, vainqueur des élections en Flandre avec son parti démocrate-chrétien, le CD & V, essaye de convaincre, les francophones de céder. S’il n’y avait pas cette question communautaire, la coalition aurait été formée depuis longtemps entre les chrétiens-démocrates du CD & V et les libéraux de l’Open-VLD au nord, et les libéraux du MR et les centristes (ex-démocrate-chrétien) du CDH au sud, leurs programmes économique et social étant très proches.

La crise va-t-elle durer ?

Les jours de «l’orange bleue» (les couleurs des démocrates-chrétiens et des libéraux) semblent comptés, les partis flamands ne voulant pas renoncer à leurs revendications communautaires. Le problème est que le CD & V n’a gagné les élections que parce qu’il s’est présenté en cartel avec le petit NV-A, un parti ouvertement indépendantiste. Si le CD & V cède aux francophones, le NV-A quittera le cartel. Ce qui rendra la Belgique ingouvernable. De plus, l’allié libéral du CD & V, l’Open-VLD, est aussi engagé dans une surenchère communautaire, car des élections régionales auront lieu en juin 2009. Autrement dit, le premier qui cède a perdu. Au sud, c’est la même chose. Les socialistes, qui ont subi une déculottée aux dernières élections, en perdant la première place en Wallonie, ne manqueront pas de crier à la trahison si le MR et le CDH lâchent quoi que ce soit aux Flamands.

La Belgique va-t-elle disparaître ?

Un compromis de dernière minute ne peut pas être exclu, même s’il semble douteux. D’autant que les Flamands, toutes tendances confondues, veulent scinder rapidement la circonscription électorale de Bruxelles-Halle-Vilvorde, pour parachever l’unité territoriale de la Flandre, ce que les francophones refusent afin de défendre les droits de leur minorité. Un passage en force pourrait avoir lieu le 7 novembre à la Chambre des députés, ce qui signerait la fin des négociations gouvernementales en cours, voire des élections anticipées. En imaginant même que la crise soit évitée et que les questions communautaires soient renvoyées à un comité, comme il en est question, le répit ne serait que de courte durée : les élections régionales de 2009 se joueront uniquement sur ce terrain, ce qui menacera l’existence du gouvernement…

Autant dire que le fossé n’a jamais été aussi profond entre le nord et le sud : pour les Flamands, le passage de la fédération à la confédération est une exigence minimale, ce que refusent les francophones. Si ces derniers ne cèdent pas, cela achèvera de convaincre les Flamands que seule la séparation leur permettra de prendre leur destin en main. Sauf à imaginer un sursaut unitaire en Flandre, sursaut que rien n’annonce.

http://www.liberation.fr/actualite/monde/289122.FR.php
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