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 Les valeurs humanistes sont le ciment du Mouvement Démocrate

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Olivier

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Nombre de messages : 442
Date d'inscription : 27/09/2007

MessageSujet: Les valeurs humanistes sont le ciment du Mouvement Démocrate   Lun 15 Oct - 0:22

François Bayrou était l’invité du Sept-Dix et de Nicolas Demorand sur France-Inter, le 2 octobre dernier où il y a défendu les valeurs humanistes qui font le ciment du Mouvement Démocrate, mettant en avant la nécessité de « mettre au sommet ce qui touche au respect et à l’épanouissement de la personne humaine - l’éducation, par exemple, qui doit être la clef de tout. » Il a par ailleurs estimé que les choix économiques du gouvernement étaient des « choix sans chances », précisant : « La condition pour que tout le monde accepte des efforts, c’est d’avoir la certitude que ces efforts sont équitablement répartis. Quand les efforts ne sont pas équitablement répartis, alors, naturellement, il y a des réticences et des résistances qui sont très grandes. » Enfin, le président du Mouvement Démocrate a plaidé pour une « politique sérieuse de rééquilibrage des comptes publics (…), une politique qui n’aurait pas été discutable, parce que, elle n’aurait pas commencé par des cadeaux à ceux qui étaient les plus favorisés déjà dans la société française. »


Nicolas Demorand : Aujourd’hui démarre la session ordinaire du Parlement avec, au
centre de l’Hémicycle, une "diaspora" de députés autrefois UDF -
"diaspora", c’est H. de Charette qui emploie le terme. Des députés
désormais éparpillés, un petit archipel : le MoDem, quatre députés,
vous allez vous sentir un peu seuls, non ?

François Bayrou : Il y a des moments comme ça dans la vie, où il faut choisir entre ses
idées, ses valeurs, ce qu’on croit essentiel pour son pays, et puis le
confort d’appartenir à une majorité, d’en recevoir les honneurs et les
facilités. En effet, nous avons choisi de ne pas être à l’intérieur de cette
majorité, de rester libres, indépendants, de manière à défendre des idées
qui ne sont plus guères défendues aujourd’hui. Et quand vous voyez la
succession d’événements auxquels nous avons assisté, c’est-à-dire le
paquet fiscal, avec des cadeaux qui ont été accumulés sur la tête de
ceux qui étaient déjà très à l’aise dans la société française, et maintenant
le rendez-vous va venir des autres, de faire payer ou de donner leur part
de charges aux autres. Quand vous voyez les tests ADN, cette
incroyable décision pour la France, qui consiste à aller vérifier
génétiquement quels sont les liens éventuels entre des parents et leurs
enfants, pour que l’immigration soit encore un peu plus mise sur le
devant de la scène, mise sous les projecteurs, il y a là des choses qui ne
ressemblent pas aux valeurs qui sont les nôtres.
Comment les décrire ces valeurs, puisque vous mettez l’ensemble
sous un même chapeau ?

Je vais vous dire simplement : les valeurs sont humanistes. Et
humanistes, cela veut dire qu’on est capable de mettre les choses à leur
place, de mettre au sommet ce qui touche au respect de la personne
humaine et à l’épanouissement de la personne humaine - l’éducation,
par exemple, qui doit être la clef de tout -, et puis de faire passer au
deuxième plan ce qui appartient à l’ordre de l’argent, la puissance
financière...
Et ça, ce sont les valeurs que vous voyez à l’oeuvre dans cette
séquence politique que vous venez de décrire ?

Non, ce sont les valeurs que je défendrai...
Oui, les valeurs d’humanisme, d’accord...
Valeurs humanistes et valeurs de... - comment dirais-je ? - de remise en
ordre, remise à l’endroit de ce que sont les priorités de la vie, je les
défendrai ; valeurs de solidarité, je les défendrai. Et enfin, le choix qui
est le mien s’explique parce que je voyais venir depuis longtemps des
choix politiques qui ne ressemblaient pas à ce que nous croyons et à ce
que les Français attendaient et voulaient, y compris les Français qui ont
voté pour N. Sarkozy.
En termes d’efficacité politique, il vous reste aujourd’hui,
simplement la parole. C’est peu ?

D’abord, la parole c’est beaucoup.
En politique, c’est vrai que c’est un outil intéressant, mais bon...
La parole, c’est beaucoup. Le fait que je sois à votre micro pour
défendre ces idées, le fait que tant et tant de dizaines de milliers de
Français nous rejoignent, c’est beaucoup. Et puis, le temps viendra où il
y aura au niveau parlementaire des passerelles, des regroupements, des
rassemblements, parce que je pense que cette "diaspora" des élus qui
ont choisi de se précipiter dans la majorité ne durera pas.
C’est-à-dire que vous allez vous rassembler, vous réagréger à
nouveau au centre ? Dites-nous en plus, parce là, on sent une
phrase sibylline.
Non, cela prendra du temps, mais je suis persuadé que le jour viendra
où les rassemblements seront à l’ordre du jour. Ce n’est pas le moment,
il y a du temps pour cela, le temps que tout le monde s’aperçoive de la
réalité de l’expérience qui est en cours. Au fond...
Mais comment la décrivez-vous cette expérience ? Parce que, vous
avez dit que ce n’était visiblement pas les valeurs humanistes que
vous défendez, alors d’un mot, ou de quelques mots, comment
décrire la politique du Gouvernement depuis qu’il est installé ?

Tout le monde voit bien, du point de vue économique, le Gouvernement
a fait un choix qui était, selon moi, un choix sans chances, qui était
d’expliquer que si l’on donnait davantage d’argent à ceux qui en ont
déjà, étant les locomotives de l’économie, cela allait relancer la
croissance, cela ferait rentrer des impôts, et qu’on se retrouverait... Très
bien. J’ai toujours trouvé que c’était un conte et que ce n’était pas juste,
et que ce n’était pas efficace. Et on va s’apercevoir, je crois, on
commence à s’apercevoir, que tel est le cas, et que cela compromet les
réformes, ce choix compromet les réformes parce que la condition de la
réforme c’est la justice. La condition pour que tout le monde accepte
des efforts, c’est d’avoir la certitude que ces efforts sont équitablement
répartis. Quand les efforts ne sont pas équitablement répartis, alors,
naturellement, il y a des réticences et des résistances qui sont très
grandes. Donc, premièrement, un choix économique discutable et
deuxièmement, l’étalage de préférences, du point de vue de la politique
internationale, au bénéfice des Etats-Unis, et puis l’étalage dans la vie,
de choix qui sont au bénéfice de ceux qui ont le plus d’argent et le plus
de notoriété. Et cela ne ressemble pas, me semble-t-il, au modèle
politique français tel que les Français l’attendent et le veulent.
Donc, il y a un problème de morale politique à vous en croire ?
Je ne veux pas utiliser des mots qui soient des mots excessifs parce que
je veux rester dans une situation d’indépendance et de jugement, qui
soit un jugement équilibré et juste sur ce qui se passe aujourd’hui. Il y a
sûrement des choses bien et puis, essayons en même temps de défendre
des valeurs et un projet.
F. Bayrou à Matignon aurait fait quoi en économie ? N’aurait-il pas
mis en place, lui, un plan de rigueur, vu tout ce que vous avez décrit
sur l’état des finances publiques pendant la campagne
présidentielle, n’auriez-vous pas fait cela ?

Vous avez parfaitement raison de le dire. J’avais placé la campagne
présidentielle, qui n’était pas pour être à Matignon...
Oui, cela ne m’a pas échappé, effectivement, mais bon... Vu d’ici,
pour vous, vous auriez peut-être pu avoir une deuxième chance à
Matignon...

Oui, c’est vrai, j’aurais pu, mais je ne l’ai pas voulu.
Alors à l’Elysée ou à Matignon, qu’auriez-vous fait ?
Il faut avoir une grande osmose quand on occupe cette fonction. Donc
je reviens au-delà de ce sourire...
Rigueur ?
J’ai placé l’ensemble de ma campagne présidentielle sous le signe de la
vérité qu’il allait maintenant falloir dire aux Français, et notamment la
vérité sur le déficit et sur la dette. J’ai été surpris de voir à quel point ce
sujet, qui était entré pour la première fois dans l’histoire dans la
conscience de nos concitoyens, j’ai été surpris de voir à quel point il a
été écarté. A quel point on est entrés dans la nouvelle législature et la
nouvelle présidence, avec l’idée, qu’au fond, tous ces efforts-là, ce
n’était pas la peine de les faire.
Le Gouvernement dit que c’est pour plus tard. Mais vous, pensezvous
qu’une politique de rigueur, puisque vous avez l’usage de la
parole, et en politique aujourd’hui...
Je l’aurais fait.
Vous l’auriez faite la rigueur ?
Oui, j’aurais mis en place une politique qui aurait été une politique
sérieuse de rééquilibrage des comptes publics. Et j’aurais mis en place
une politique qui n’aurait pas été discutable, parce que, elle n’aurait pas
commencé par des cadeaux à ceux qui étaient les plus favorisés déjà
dans la société française. Et on aurait tout de suite dit la vérité, on aurait
repris toutes les actions de l’Etat pour voir celles qui étaient efficaces et
celles qui ne l’étaient pas. Et il y a une action de l’Etat à laquelle
j’aurais donné la priorité des priorités, c’est l’Education. Voilà quels
étaient mon plan et ma ligne pour entrer dans cette question aussi
difficile du rééquilibrage, en France, de la dépense publique.
Croyez-vous à l’efficacité de la mesure sur les heures
supplémentaires mise en place hier ?

Vous avez vu, cela a fait beaucoup de discussions et beaucoup
d’interrogations. Il y a une chose que j’approuve, c’est que les heures
supplémentaires soient payées au même taux dans les petites entreprises
et dans les grandes. Mais la proposition que j’avais faite, est que ces
heures supplémentaires payées au même taux ne coûtent pas plus cher
pour l’entreprise qu’une heure normale. Et je n’aurais pas fait la
défiscalisation parce qu’il n’est pas normal que deux personnes qui
gagnent la même somme en faisant les mêmes efforts soient, pour l’une,
soumise à l’impôt, et l’autre pas. Il y a là un déséquilibre qui est
inéquitable.
Cela va-t-il relancer quelque chose ?
On va voir. J’imagine que tout le monde attend. Ce qui me frappe, c’est
que beaucoup de chefs d’entreprise n’y comprennent rien. Ce qui me
frappe, c’est que la baisse des charges dans un certain nombre
d’entreprises n’est pas au rendez-vous. Et que, au fond, les chefs
d’entreprise disent : "mais cela va nous coûter plus cher que cela ne
coûtait hier !". Au bout du compte, ce sont les salariés qui se trouveront
inévitablement au bout de cette logique de "comment rééquilibrer nos
comptes ?".

France Inter, Nicolas Demorand, 2 octobre 2007
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